Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


dimanche, 24 janvier 2021

 
 

 

BRÉSIL : LIBERTÉ IMMÉDIATE POUR IGO ET FELIPE !

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Le week-end dernier, Igo Ngo et Felipinho ont été arrêtés pour vol dans la région de Pinheiros. Les deux amis étaient dans la région du Largo da Batata, ou ils mangeait des yakisoba vendus par des ambulants qui sont toujours là, une promenade qu’ils ont l’habitude de faire. Quand ils ont fini, ils sont retournés à la maison dans le bus qui part de la Gare Pinheiros. En arrivant à la région du Campo Limpo, le bus a été intercepté par la police, qui a donné l’ordre à Igo et Felipinho ainsi qu’à d’autres passagers de descendre du bus. Les deux amis ont été arrêtés pour avoir prétendument les caractéristiques des suspects signalés par la victime et des témoins. Ils n’ont même pas eu le droit d’être entendus comme il se doit.

IGO ET FELIPINHO SONT INNOCENTS ! Ils n’ont pas participé au vol qu’ils ne savaient même pas que c’était arrivé. D’après les renseignements recueillis, ils n’ont même pas circulé dans la rue où le crime a eu lieu. Sur le chemin qu’ils ont parcouru, ils se sont arrêtés pour retirer de l’argent dans un banco-mat, ils ont raté le départ de leur bus et ont attendu le suivant, dans la tranquillité de ceux qui ne doivent rien et simplement rentraient chez eux.
Selon la victime, deux jeunes Noirs auraient volé son sac avec ses affaires dedans. Elle aurait appelé un chauffeur Uber, qui aurait suivi les suspects jusqu’à la gare, à ce moment ils ont appelé la police, que s’est mis en poursuite à deux autres jeunes Noirs, qui n’avaient commis aucun crime. Cette opération a abouti à une arrestation illégale, arbitraire, aléatoire et raciste ! Mais pour le système de la justice pénale, qui implique de la Police Militaire-PM commandé par le gouvernement de l’État de Sao Paulo, aux juges que du haut de leurs sièges dans les tribunaux et leurs paperasses, peu importe !

Nous savons qu’au Brésil, avec sa sélectivité raciale et de classe fait de nous le troisième pays avec le plus grand nombre de prisonniers dans le monde. La cible sont de jeunes Noirs, pauvres, de la périphérie, 40% d’entre eux sont emprisonnés sans même avoir été jugés. C’est la même cible du massacre et du génocide perpétrés par l’État, qui fait qu’un jeune Noir est assassiné toutes les 23 minutes dans notre pays.

Tout comme la police de Rio de Janeiro a tué Agathe, Joao Pedro, les cousines Emily et Rebecca et tant d’autres, et que à São Paulo, près de 500 jeunes gens ont été tués par le PM rien qu’en 2020, ils emprisonnent également de personnes innocentes ou des personnes qui n’ont même pas le droit de se défendre dans un Tribunal, comme l’a été le récent cas du musicien de l’Orchestre à cordes de la Grota de Niterói, Luiz Carlos Justino, 23 ans, arrêté "par erreur", comme tant d’autres. Pendant ce temps, les vrais criminels, politiciens, hommes d’affaires, banquiers, corrompus qui volent l’argent de la santé, de la cantine scolaire, du transport, de l’éducation, qui détournent l’argent de travaux dont nous avons tant besoin pour améliorer la vie de la population, Ils sont libres de continuer à nous arracher tout ce qu’ils peuvent !

Cette véritable politique de mort et d’injustice détruit l’avenir de beaucoup des jeunes et fait vivre à des milliers de familles la douleur, la souffrance, l’angoisse, ainsi que l’humiliation, la torture et l’injustice que nous subissons chaque jour depuis plus de 500 ans parce que nous sommes noirs, pauvres et travailleurs. Et c’est ce qui arrive à Igo et Felipe et à leurs familles en ce moment !
Igo Ngo est rappeur, du groupe Résistance du Ghetto, percussionniste, producteur de musique et cinéaste dans la société 2as Marias Productions. Un jeune noir de la ville de Sao Paulo qui a consacré sa vie et son art à combattre le racisme, défendre les peuples autochtones et les familles qui ne possèdent pas de logements appropriés, à travers du Movimento Luta Popular.

Il est actuellement l’un des principaux dirigeants du Movimento Hip Hop Quilombo Brasil, organisation nationale de Hip Hop, qui possède des groupes affiliés dans diverses régions du pays. À São Paulo, l’organisation affiliée au MHMQB s’appelle O3 (Écouter, Oser, Organiser), mouvement que Igo a aidé à fonder et à diffuser dans les périphéries.

Il est également l’un des organisateurs de la Marche de la Périphérie à São Paulo, événement de type politico-culturel qui a lieu au cours du mois de novembre en référence à la conscience du peuple noir et à la lutte anti-raciale. Dans la zone sud de Sao Paulo, il a également aidé à construire le Comité Maître Monaco du Katendê et participe aux mobilisation dans diverses communautés, comme dans le bidonville de Olaria, où il fait du cinema pour les jeunes et les enfants.

Lors de la dernière réunion de la Centrale syndicale et populaire (CSP Conlutas), ce frère a participé à l’une des présentations culturelles les plus passionnantes qui a arraché des larmes aux yeux de centaines de combattants présents, chanté et protesté avec des représentants du peuple indien Guarani Mbya de la tribu Tenondé Porân, localisé dans l’extreme sud de la zone sud de São Paulo.
Igo a une série de clips publiés sur Youtube, dont le clip "Nhanderu" qu’il a enregistré justement avec des membres de cette communauté des peuples originaux, avec qui il a construit des relations quotidiennes d’échange, d’apprentissage et de solidarité.

En 2020, avant la pandémie, il a recueilli des images et des témoignages de peuples indigènes dans plusieurs pays d’Amérique, en particulier au Chili, qui vivait l’un des soulèvements populaires les plus importants de l’histoire récente de notre continent. Pendant la pandémie, il a aidé à organiser une action de solidarité dans le tribu de Sapukaí, à Bracuí, Angra dos Reis, sous la direction de Luta Popular, avec le soutien de la CSP-Conlutas, Sindsef-SP Syndicat des pétroliers de l’Angra dos Reis/RJ. Ressèment , il organisait avec des militants de la Baixada Santista et membres du Sindicato dos Petroleiros de Santos une nouvelle action de solidarité dans les Tribus d’Indiens de la région. Entretemps, avec des bénévoles du Projeto de Superaçao ils ont réussi à soutenir avec de la nourriture 11 Tribus dans l’État de São Paulo.

Igo se préparait pour la fête d’anniversaire de son fils et pour - encore une fois – participer à la réunion de planification de début d’année du mouvement Luta Popular, dont il est un ancien et important membre et dirigeant.

Felipinho est également un militant social et culturel, ayant participé au mouvement Luta Popular et au dernier Congrès National de la CSP-Conlutas, il a participé à des diverses initiatives dans les communautés où le mouvement Luta Popular intervient et a participé aux productions musicales de la Résistancia du Ghetto. Il est combattant des arts martiaux, champion de Muay-Thai, professeur de combats comme de la box, et en fait un métier pour impliquer les jeunes de sa communauté dans les chemins qui pointent vers l’autodiscipline et le sens de la communauté, ayant aidé beaucoup des personnes à se construire des perspectives d’avenir. Lui, comme Igo, est profondément aimé par ses amis, sa famille et son quartier.

Nous voulons donc dire haut et fort que l’histoire d’Igo et de Felipe est une histoire d’offrir de la connaissance, d’espérance, d’estime de soi, de culture pour son peuple noir et non du vol de biens matériels.

Igo Ngo et Felipe sont privés de liberté, privés d’être aux cotés des siens. Le racisme qui gouverne notre pays tue et emprisonne la jeunesse noire et périphérique. Ce n’est pas la couleur de la chemise (soi-disant identifiée par la victime) qui a retenu les deux amis, mais c’est la couleur de leur peau qui est sous la chemise. Toute solidarité est nécessaire avec nos frères et avec toute la jeunesse noire et périphérique emprisonnée injustement au Brésil.

Les habitants des périphéries de São Paulo, en particulier ceux de la Zona Sul de la capitale ou de la Praia Grande, connaissement les qualités morales de ces militants jeunes et noirs et savent que leur chemin a toujours été celui du combat pour la justice, pour les humiliés et les opprimés, pour le droit à l’expression, à la diversité et à la vie. Leur combat a toujours été pour la liberté, sans indignité et il n’y aura jamais.

Les avocats de défense de nos deux camarades demande un habeas corpus pour essayer d’obtenir leur liberté, en recueillant des preuves et des images des caméras privés sur le chemin qu’ils ont emprunté et celles sur la scène du crime, pour prouver leur innocence. Mais nous savons que la justice pour les pauvres n’est pas toujours juste. C’est pour ça que nous comptons avec le soutien et la solidarité de tous afin de les soutenir et participer de la campagne pour leur LIBERTÉ ! Et par JUSTICE, enfin que les responsables pour cette INJUSTICE soient responsabilisés par crime de RACISME !!

Liberté immédiate pour les frères Igo et Felipe !