Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


mercredi, 18 mai 2022

 
 

 

Iran : nous condamnons l’arrestation de syndicalistes enseignants et la menace de centaines de militants syndicaux à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs

Accueil > International (Fr) > Asie > Iran : nous condamnons l’arrestation de (...)

Tous les travailleurs de l’éducation et les militants syndicaux détenus doivent être libérés immédiatement et sans condition !

Les autorités de la République islamique d’Iran, craignant la tenue de rassemblements et de cérémonies à grande échelle le 1er mai, Journée internationale des travailleurs, ont de nouveau mobilisé leurs forces et leur appareil répressif pour empêcher la tenue de toute cérémonie ce jour-là.

Suite à l’appel du Conseil de coordination des associations professionnelles d’enseignants iraniens à un rassemblement de protestation le dimanche 1er mai 2022, les forces de sécurité de la République islamique d’Iran ont fait une descente au domicile de quatre enseignants ’activistes et membres de l’Association des enseignants de Iran (Téhéran), Rasoul Bodaghi, Jafar Ebrahimi, Mohammad Habibi et Ali Akbar Baghani, le 30 avril 2032 et les a arrêtés violemment. Toujours dans la nuit de samedi, avant le 1er mai, des agents de sécurité ont fait une descente au domicile de deux membres du conseil d’administration de l’Association des enseignants du Kurdistan (Marivan), M. Masoud Nikkhah et Eskandar (Soran) Lotfi, et ont confisqué leurs appareils électroniques personnels, arrêtant les deux enseignants et les emmenant dans un lieu inconnu. En outre, des dizaines de membres de l’association professionnelle des enseignants Saqez et Zivieh ont été convoqués à la police de sécurité, et Salah Sorkhi, un militant du mouvement enseignant, a été arrêté le 30 avril et libéré sous caution deux jours plus tard. Pendant ce temps, le Syndicat des travailleurs de Téhéran et de la Suburbs Bus Company a rapporté que des agents du ministère du Renseignement ont fait une descente au domicile des membres du syndicat Hassan Saeedi et Davood Razavi un jour avant la Journée internationale des travailleurs, et dans le cas de Hassan Saeedi, malgré seulement sa femme et ses le plus jeune étant à la maison, ils ont pris leurs téléphones portables, une mémoire flash, deux disques durs, des CD, des livres et des dossiers de travailleurs, et ont informé par écrit l’épouse de Saeed que Hassan Saeedi était obligé de se rendre au tribunal d’Evine dans les cinq jours suivants.

Des dizaines d’autres enseignants et militants syndicaux à travers le pays auraient également été convoqués ou menacés par les forces de sécurité à la veille de la Journée internationale des travailleurs ; Plus précisément, ces militants ont été avertis des conséquences de leur participation aux cérémonies et aux rassemblements du 1er mai. Malgré tout cela, des rassemblements de protestation ont été organisés dans tout le pays par des travailleurs, des organisations indépendantes d’enseignants et des retraités. Dans plusieurs villes, les forces de sécurité ont fait des descentes dans des rassemblements, frappant et arrêtant des dizaines de personnes.

Les travailleurs et enseignants emprisonnés et tous les prisonniers politiques doivent être libérés immédiatement et sans condition, et le harcèlement et les poursuites à leur encontre doivent cesser.


Célébration du 1er Mai interdite en Iran

Les différents services de police ont empêché des rassemblements ou défilés du 1er Mai en Iran. Ils ont soit intimidé soit arrêté des militants syndicaux et politiques avantou pendant cette journée internationale.

Le 2 mai est la journée des enseignants en Iran à la mémoire d’Abolhassan Khanali, un enseignant tué par la police le 2 mai 1961 pendant des protestations. Le Conseil de coordination des associations syndicales des enseignant.es d’Iran a lancé un appel national pour que la journée des enseignants soit célébrée en même temps que le 1er Mai. C’est pourquoi plusieurs enseignants comme Rassoul Bodaghi, Mohammad Habibi et Djaafar Ebrahimi ont été arrêtés. Certains d’entre eux ont déjà passé plusieurs années en prison pour leurs activités syndicales. La police politique est allée chez deux militants du Syndicat des ouvriers des transports en commun de Téhéran et sa banlieue (Vahed) pour inspecter leurs affaires de communication (portables, ordinateurs etc.) Il s’agit de Hassan Saïdi et Davoud Razavi. Elle leur a demandé de se présenter au ministère des renseignements dans les plus brefs délais sinon ils seraient arrêtés.

Les militants ouvriers ont déclaré qu’au total 62 activistes syndicaux des mouvements ouvrier, enseignant et étudiant ont été arrêtés à la veille du 1er Mai.

Malgré toutes les arrestations « préventives » et menaces, des ouvriers, retraités et enseignants ont réussi à faire des rassemblements pour le 1er Mai dans plus de 100 villes du pays. Les arrestations ont continué pendant la journée. Pas moins de 100 personnes ont ainsi été arrêtées sur la place de Baharestan à Téhéran où tout a été fait pour empêcher un rassemblement.

Marivan est une ville au Kurdistan. Un rassemblement y a eu lieu. Aram Ghaderi a tout de suit été arrêté. Arkan Saeb a reçu des décharges électriques. Cha’aban Mohammadi a été dirigé dans un magasin pour recevoir des coups de tonfa et de Taser. Plusieurs autres femmes et hommes présents dans le rassemblement de Marivan ont aussi été tabassés.

Le 1er Mai est la journée internationale des travailleuses et travailleurs. Il y a peu de pays où des rassemblements et manifestations à cette occasion sont interdits. Le régime de la République islamique d’Iran doit être condamné pour cette interdiction.