Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


mardi, 18 janvier 2022

 
 

 

En Iran, les enseignant.es continuent la lutte

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Les enseignant.es sont descendu.es dans les rues le 23/12/2021 après trois jours d’actions massives, les 11, 12 et 13 décembre dernier. Les revendications restent les mêmes car le gouvernement n’en a tenu aucun compte. Ces revendications portent sur les points suivants, comme l’organisation internationale Education Internationale vient de les signaler dans un communiqué de soutien :

  • • Augmentation des salaires ;
  • • Libération des enseignants emprisonnés ;
  • • Satisfaction des exigences sur la Sécurité sociale et le système des retraites ;
  • • Fin des exclusions dans l’éducation nationale ;
  • • Arrêt de la privatisation de l’éducation et école gratuite et de qualité pour toutes et tous.

Selon les informations que le Conseil des associations syndicales des enseignant.es d’Iran a publiées sur la messagerie Telegram tout au long de la journée, les rassemblements du 23 décembre ont eu lieu dans plus de 100 villes partout dans le pays. Plusieurs enseignant.es ont pris la parole pour expliquer les revendications aux collègues et aux gens qui les ont rejoints par solidarité. La solidarité exprimée par la présence des élèves et lycéen.nes avec leurs enseignant.es était beaucoup plus visible par rapport aux journées précédentes.Une résolution était rédigée pour la nouvelle journée d’action.

Les enseignant.es de la province du Kurdistan d’Iran ont participé massivement à la journée d’action et en même temps une grève générale s’est tenue dans plusieurs villes pour protester contre l’exécution d’un prisonnier politique kurde, Heydar Ghorbani. Il a été pendu secrètement le 19 décembre sans que sa famille et son avocat soient prévenus.

Trois incidents importants ont émaillé la journée d’action du 23 décembre. Des forces de police ont commencé à attaquer les rassemblements de Téhéran et de Chiraz. Mais la réaction exemplaire des enseignant.es a rapidement mis fin à cette tentative de répression. Alors que des enseignant.es avait publié une photo d’un membre des forces de police qui les agressait, en fin journée des activistes l’ont identifié et ont dévoilé son nom et grade. Il s’agit d’un colonel des forces de l’ordre. Une enseignante qui s’appelle Fatemeh Bahmani a été arrêté à Arak. Les agents des renseignements des Pasdaran islamiques ont confisqué son téléphone portable. L’action rapide du Conseil des associations syndicales des enseignant.es d’Iran a été efficace car Fatemeh a été libérée en fin journée. Par ailleurs Rassoul Bodaghi, un autre enseignant arrêté récemment, a été libéré sous une lourde caution. Rassoul a déjà passé 7 ans en prison pour ses activités syndicales.