Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


vendredi, 14 août 2020

 
 

 

Le secteur aérien international organise et discute des stratégies d’action au milieu de la crise sanitaire mondiale

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Des travailleurs de l’aéronautique, des militants et des dirigeants syndicaux de diverses organisations qui composent le Réseau syndical international pour la solidarité et les luttes ont tenu une vidéoconférence le 21 avril pour discuter du scénario économique et de la crise sanitaire dans le contexte de la nouvelle pandémie de coronavirus.

Soulignant le secteur de l’aviation, la réunion a permis de discuter des stratégies de protection de la santé, ainsi que de l’emploi et des salaires des travailleurs. En outre, l’effort et conjointement cherché à aligner un moyen de sortir de la crise qui est en mesure de garantir le respect des travailleurs et de répondre aux besoins réels de la société.

Un autre point mis en évidence par le secteur est la nécessité de lutter pour le transport aérien public au service de la communauté qui annule les tentatives de privatisation et construit un système dans lequel, selon les délibérations du groupe, « la récupération se fait via des aéroports de gestion publique, avec un seul société de services aéroportuaires, avec des taxes d’aéroport qui rendent les investissements dans le secteur, avec des compagnies aériennes nationalisées et avec la gestion interne de toutes les activités, qu’elles soient terrestres ou aériennes ».

Le Réseau International soutient l’initiative d’organisation internationale du secteur en ce moment de crise et renforce l’appel à la mobilisation de la catégorie par les droits, par la vie avant les profits, par l’environnement et par de meilleurs services à la communauté.

Ci-dessous, la déclaration complète publiée après la réunion :

SECTEUR AÉRIEN INTERNATIONAL : DE LA CRISE AU REMBOURSEMENT DU TRANSPORT AÉRIEN PUBLIC ET DURABLE ET AU SERVICE DE LA COLLECTIVITÉ

Le 21 avril, une rencontre en ligne s’est tenue avec des travailleurs, des militants et des délégués syndicaux de diverses organisations syndicales dans divers pays et villes (France, Italie, Portugal, Espagne) pour discuter ensemble des mesures générales de divers États d’un point de vue économique et sanitaire, mais aussi de discuter de la situation spécifique du secteur aéronautique-aéroportuaire en termes de santé, ainsi que de l’activité et des salaires des travailleurs, afin d’échanger sur une issue de cette crise qui respecte le travail et les exigences réelles de la société.

Etat d’urgence pour les travailleurs, possibilité de répression par les gouvernements et les employeurs
Dans différents pays, chaque gouvernement a mis en place « l’état d’urgence », une modalité qui a permis de centraliser autant que possible le pouvoir de décision, mais qui a finalement été utilisée pour attaquer les travailleurs et les organisations démocratiques de lutte. La quarantaine obligatoire (être à la maison) et/ou le confinement a été adoptée dans nos États, mais en même temps, de nombreux travailleurs des services essentiels, ainsi que de nombreux travailleurs d’usine, ont été contraints de se rendre au travail, souvent sans équipement de protection individuelle adéquat. Il s’agit de satisfaire la demande des grandes entreprises qui ne veulent pas renoncer à leurs profits. Dans ce contexte, toutes les formes de manifestation ont été interdites, mais ce qui est pire dans les différents Etats, le droit de grève a été suspendu dans certains secteurs, comme au Portugal, la mesure a été déterminée pour pouvoir s’appliquer à tous les secteurs de travail. Par conséquent, nous observons que dans les situations où la quarantaine est obligatoire pour la population, mais sans impact pour les gains des patrons qui, avec l’aide des gouvernements et des syndicats majoritaires, continuent d’accumuler du capital, mettant en danger la santé des travailleurs et leurs familles, sans même leur donner la possibilité de faire grève. Il y a également plusieurs signaux d’une crise sociale qui pourraient exploser dans les prochaines semaines : nous parlons de travailleurs suspendus ou licenciés, de travailleurs précaires, de travailleurs indépendants contraints de rester chez eux dans des conditions économiques très instables.

Des milliards pour les patrons, la misère pour les travailleurs
Au cours de la discussion, il est apparu de manière évidente que les différents gouvernements sont immédiatement intervenus dans cette crise pour garantir avant tout le capital important accumulé dans la société et dans les entreprises du secteur. Un exemple évident est sans aucun doute l’utilisation de divers instruments utilisés par les gouvernements pour exempter les employeurs de payer des salaires dans lesquels, dans différents pays, ils changent le nom mais pas la substance : en France chômage partiel, en Italie cassa integrazione, au Portugal Lay-Off, en Espagne Erte. Ces instruments sont encore utilisés pour financer les entreprises en difficulté, allégeant leurs obligations des cotisations de sécurité sociale et des salaires des travailleurs, obligeant les contribuables à payer la "facture", plaçant les travailleurs impliqués dans une situation d’emploi difficile ( licenciements) et les salaires (un pourcentage de réduction des salaires), encore plus marqués dans cette urgence COVID-19. Parmi les travailleurs, ceux qui paient le prix le plus élevé sont sans aucun doute les précaires qui, pendant des années, ont créé de la richesse sans aucune garantie quant au futur de leurs emplois et aujourd’hui, de manière subite, ont été privé de travail, sans aucune forme de soutien des différents gouvernements pour leurs loyers. Il existe également des preuves de « confiscation » des congés des travailleurs, contraints de les utiliser dans cette phase inopérante : au-delà d’être un atout économique, les congés des travailleurs sont l’instrument de la conciliation du travail avec la vie privée, même plus important pour les travailleurs qui sont des mères. Enfin, l’utilisation de certaines méthodes de travail, manifestement nécessaires dans cette phase de contrôle pandémique, a été jugée préoccupante, comme le télétravail et la robotisation de certains processus liés aux phases d’embarquement (enregistrement, livraison des bagages, contrôle (etc.) qui, sous le prétexte de la crise économique, pourraient être maintenus et promus même après la crise sanitaire, mettant en péril d’autres emplois.

Nous surmontons la crise en changeant le système
Il apparaît, sans aucun doute, au cours de cette visioconférence et suite aux échanges, que l’objectif n’était pas de revenir à la normalité, mais plutôt de revenir à une situation de précarité, d’exploitation et d’oppression engendrée par des décennies de libéralisme, privatisation et externalisation de l’activité. Tout cela ne peut plus être permis, ce sont des années où les travailleurs du secteur aérien-aéroportuaire ont subi des ajustements de salaire inférieures à l’inflation, des contrats de travail de plus en plus instables, une extrême flexibilité des horaires, la rupture des contrôles de santé et sécurité. Tout cela a surgi davantage, avec toute sa brutalité, en ce moment de la crise du COVID-19. La seule solution acceptable à cette crise qui frappe durement le transport aérien, doit mettre au en place la refonte totale du système, basé sur une "surproduction du ciel" où le bénéfice décide de tout sans tenir compte des exigences et besoins réels des travailleurs, de la société et de l’environnement. Nous devons nous battre pour imposer un retour à la gestion publique des aéroports, avec une seule société de services aéroportuaires, avec le réinvestissement des taxes aéroportuaires dans le secteur, avec les compagnies aériennes nationales, avec la gestion interne de toutes les activités aériennes et du sol. Il est nécessaire de revenir à la nationalisation des transports aériens pour un service public à but non lucratif, afin de garantir tous les emplois, aussi de réduire les heures de travail avec le même salaire, mais surtout de remodeler la "surexploitation du ciel", tout en garantissant les prix raisonnable pour tous les passagers, afin de respecter l’environnement et le climat, où le transport aérien reste responsable de la contamination des sols.

Nous terminons le document exprimant notre gratitude, notre soutien et notre solidarité avec les personnels de santé qui, abandonnés, délaissés par les gouvernements, sont contraints de travailler dans des conditions inhumaines, en ces jours d’urgence sanitaire, souvent privés de dispositifs de sécurité adéquats, cause de la mort de centaines de travailleurs dans le monde. Nous vous disons que nous nous battrons à nouveau ensemble dès que possible pour exiger justice !

CUB TRASPORTI – AIRCREWCOMMITTEE (ITALY)
CGT IBERIA (SPAIN)
SUD AÉRIEN– SOLIDAIRES (FRANCE)
SOS HANDLING (PORTUGAL)