Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


vendredi, 3 décembre 2021

 
 

 

Les métallurgistes de São José dos Campos (Brésil) obtiennent un congé payé pour les victimes de violence domestique

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Nous reproduisons ici une importante information de nos camarades de Mulheres em luta ("Femmes en lutte"), organisation membre de la Central Sindical e Popular Conlutas

Unir notre classe sociale pour lutter contre le machisme.
La conclusion de la négociation collective de cette année, pour la métallurgie à São José dos Campos a été marquée par une réalisation sans précédent et très progressiste : la garantie d’un congé payé pour les travailleuses victimes de violence domestique. La loi Maria da Penha prévoit un congé sans perte d’emploi d’une durée maximale de six mois, mais ne garantit pas de rémunération.

De nombreuses femmes gardent le silence face à la violence qu’elles ont subie, évitant de s’absenter du travail ou reprenant leurs activités avant d’être bien portantes parce qu’elles ne peuvent pas subvenir à leurs besoins sans salaire. Si l’on considère la réalité du Brésil, qui compte aujourd’hui plus de 14 millions de chômeurs et chômeuses, une inflation galopante qui a fait exploser le coût de la vie, et une insécurité alimentaire qui dépasse 61% de la population, cette mesure signifie un minimum de sécurité pour les femmes qui cherchent à sortir des cycles de la violence.

La violence machiste et la négligence du gouvernement sont en augmentation !
Ce n’est pas d’hier que le Brésil connaît des chiffres alarmants en matière de violence à l’égard des femmes. Nous occupons la cinquième place dans le classement international des pays où les femmes sont le plus tuées, la première place lorsqu’il s’agit de cas de violence lgbtophobe et même en étant le deuxième pays le plus noir en dehors de l’Afrique, le racisme dans le pays favorise toutes sortes d’agressions et de violations des droits.

Avec l’arrivée de Bolsonaro au pouvoir, ce qui était mauvais est devenu encore pire. Son discours de haine contre les secteurs opprimés s’est transformé en une politique consciente de désinvestissement et de suppression des services de soutien aux victimes de la violence. Jusqu’en septembre 2020, le ministère des femmes, de la famille et des droits de l’homme, dirigé par Damares Alves, n’a utilisé que la moitié du maigre budget du portefeuille, même au cours d’une année où les demandes étaient nombreuses en raison de la pandémie. En 2021, les montants alloués à la politique des femmes ont été réduits de 25%.

João Dória, gouverneur de l’État de São Paulo, a également l’habitude de réduire les services et les budgets consacrés aux politiques en faveur des femmes. En 2017, alors même que les signalements d’agressions ont augmenté de 31 %, le gouvernement a réduit les fonds destinés aux Centres de défense et de cohabitation des femmes (CDCM) et a mis son veto au projet qui prévoyait le fonctionnement 24 heures sur 24 de commissariats spécialisés pour les femmes.

En 2020, en raison de la pandémie et du besoin d’isolement social, alors que de nombreuses femmes sont restées à la maison avec leurs agresseurs, 105 000 plaintes ont été enregistrées sur les numéros 180 et 100. Face aux chiffres alarmants, la mesure du gouvernement fédéral a été de mettre à disposition un numéro wathsapp permettant aux femmes de dénoncer. Aucune mesure pour permettre à ces femmes de quitter leur domicile et d’être en sécurité avec leurs enfants, aucune mesure pour assurer l’éloignement de l’agresseur, aucune mesure pour préserver la vie des femmes n’a été prise au niveau fédéral, étatique et local.

L’unité de classe pour détruire le capitalisme et mettre fin à l’oppression
La conquête remportée par les métallurgistes, parmi beaucoup d’autres, montre deux importances. D’un côté, elle démasque le discours de la bourgeoisie et de ses institutions, comme ONU Femmes et plusieurs ONG, qui promeuvent des campagnes contre la violence et l’inégalité entre les sexes, alors que dans les usines et sur tous les lieux de travail, les patrons ferment les yeux sur la réalité des femmes, continuent d’exploiter à tout prix et persécutent celles qui ont besoin de quitter le lieu de travail.

L’approbation de cette clause n’a pas été facile, cela a été des années de lutte. Tout comme sa mise en œuvre ne sera pas facile. De nombreuses entreprises résistent encore à l’idée de garantir des congés payés. C’est pourquoi il est important de faire comprendre à tous les travailleurs et travailleuses, femmes et hommes, que cette bataille n’est pas seulement une question de femmes, mais une tâche de classe. Si les gouvernements et les employeurs négligent la vie des femmes qui travaillent, nous devons nous unir et exiger les droits les plus fondamentaux. Ainsi, la catégorie sera beaucoup plus forte pour faire face à toute attaque et assurer de meilleures conditions de travail.

Nos défis sont nombreux. Nous savons que sous le capitalisme, toutes nos conquêtes sont constamment menacées et ne peuvent être que partiellement satisfaites. Par conséquent, notre célébration est aussi intense que notre certitude que nous devons continuer à lutter pour briser ce système qui profite de notre oppression et construire une société socialiste, sans machisme, sans aucune forme d’oppression et d’exploitation.

  • Assez de machisme ! Arrêtez la violence contre les femmes !
  • Suivons l’exemple des métallurgistes du SJC !
  • Congé payé pour les victimes de violence domestique
  • Mise en œuvre et extension de la loi Maria da Penha
  • Le non-paiement de la dette publique. Pour plus d’investissements dans les politiques en faveur des femmes !
  • Sortez Bolsonaro et Mourão maintenant ! Damares ne nous représente pas !
  • Unité de classe pour en finir avec le machisme et le capitalisme !

Voir en ligne :
Mulheres em luta