Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


samedi, 19 septembre 2020

 
 

 

Les organisations membres du Réseau Rail Sans Frontière soutiennent cet appel de nos camarades du Japon

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[…] Déclenchée par la division et la privatisation des chemins de fer nationaux en 1987, une série de programmes néolibéraux s’est répandu dans notre société. Pour la survie désespérée du système capitaliste, chaque domaine - emploi, santé, système de sécurité sociale, éducation, etc. - a été mis dans un état horrible en vertu du "principe de concurrence", ce qui a engendré des conséquences sociales dévastatrices avec 21 millions de travailleurs et travailleuses précaires.

Le capitalisme n’a plus de place pour la croissance. Néanmoins, afin de maintenir le système capitaliste, le gouvernement sacrifie les travailleurs et travailleuses, ordonne à la Banque du Japon de passer à des achats illimités d’obligations et d’actions du gouvernement, et investit les fonds de pension dans le marché boursier. Au moment où les choses ont atteint leur limite et sont au bord de l’effondrement, la pandémie COVID-19 révèle la réalité du néolibéralisme. Un raz-de-marée de faillites et de chômage massif s’annonce cet automne. Tout le monde le ressent et essaie de traduire sa colère en action. La colère populaire s’enflamme partout dans le monde et notre histoire va changer.

La division et la privatisation des chemins de fer nationaux japonais (JNR) en 1987 a été la plus grande attaque syndicale et la pire opération de licenciements de l’après-guerre au Japon, forçant 200 000 cheminots et cheminotes à quitter leur lieu de travail. Le 28 mai 1998, le tribunal de district de Tokyo a décidé que les compagnies de chemin de fer japonaises (JR) n’avaient aucune responsabilité légale dans le licenciement de 1 047 cheminots à l’époque de la division et de la privatisation des JNR, car les JNR et les JR qui leur ont succédé étaient des entités totalement différentes.

Pour faire face à cette décision scandaleuse, trois syndicats - le Syndicat de solidarité des travailleurs de la construction et des transports du Japon, section de la région du Kansai (Kan-Nama), le Syndicat des travailleurs de la métallurgie et des machines à Osaka (Minato-Godo) et le Syndicat des mécaniciens des chemins de fer nationaux de Chiba (Doro-Chiba) - ont alors commencé à organiser le rassemblement. Nous, les trois syndicats, avons partagé l’anxiété et la colère envers cette décision juridique, car elle allait ruiner les droits de tous ls travailleurs et travailleuses.

Plus de 20 ans après, nous nous trouvons à nouveau à un carrefour de l’histoire. Kan-Nama a été soumis à une répression du pouvoir d’État à grande échelle et extraordinairement brutale. Au total, 89 membres du syndicat ont été arrêtés et détenus pendant une longue période. Toutes les activités normales du syndicat Kan-Nama, les grèves, les négociations collectives, etc. sont devenues la cible d’une répression criminelle. Malgré cela, Kan-Nama s’est battu pendant 644 jours pour récupérer toutes les personnes arrêtées et maintenant les membres se lèvent pour riposter. C’est la lutte pour les droits et l’avenir de tous les travailleurs au Japon.
Dans le même temps, sur les lieux de travail des JR, en l’espace d’un an et demi environ, 40 000 travailleurs et travailleuses se sont retirés des syndicats sous l’effet d’une intense campagne antisyndicale.

Le bureau du Premier ministre est en train de faire des JR un modèle de "société sans syndicats". Le gouvernement Abe s’est fixé pour objectif de "supprimer le mot "emploi non régulier" de cette société", ce qui signifie qu’il vise à faire de la société une société dans laquelle l’ensemble de la main-d’œuvre est employé de manière occasionnelle et où "l’emploi à volonté, le licenciement à volonté" devient une nouvelle normalité. Leur projet de révision de la Constitution va de pair avec les attaques contre le mouvement ouvrier et les droits des travailleurs.

C’est la vérité de la "réforme du travail" avouée par Abe. Doro-Chiba a lutté sans relâche contre cette attaque. Minato-Godo (Metal and Machinery Workers’ Union in Osaka) a organisé les travailleurs et travailleuses des petites et moyennes entreprises pour briser les barrières entre ces entreprises en unifiant dans un seul syndicat. Leurs expériences vont prouver leur utilité pour le mouvement syndical, à l’occasion de la pandémie.

Le gouvernement Abe, sous la pression de la crise actuelle, a proposé une militarisation à grande échelle. Il veut acquérir "la capacité de frapper les bases ennemies" et a insisté pour obtenir la révision de la constitution pendant son mandat, exposant sans vergogne sa corruption politique et ses sales intérêts égoïstes. Lors de la session extraordinaire de la Diète à l’automne prochain, la clause d’urgence pour la révision constitutionnelle sera au centre de la discussion, au prétexte de la crise liée au COVID-19. L’administration Abe a déjà proposé la révision de la loi sur les mesures spéciales pour la préparation et l’intervention en cas de pandémie de grippe et de nouvelles maladies infectieuses.

Contre ces attaques, la Grande Marche pour arrêter la révision constitutionnelle a créé le mouvement historique de la "Déclaration des 100 enseignants et enseignantes de ne plus jamais envoyer nos élèves sur les champs de bataille", et elle a organisé une puissante lutte dans tout le pays en solidarité avec Okinawa. Cette lutte explosive, centrée sur le BLM dans tous les Etats-Unis, s’est transformée en un mouvement contre la politique néo-libérale. La puissante avancée de la Confédération coréenne des syndicats, qui a permis d’organiser des millions de travailleurs et travailleuses, et les luttes courageuses de Hong-Kong, de l’UE, du Moyen-Orient, etc. se sont enflammées dans le monde entier.

Bien que nous soyons confrontés à une situation difficile, telle que la restriction des voyages à l’étranger, etc., en raison de la COVID-19, nous organiserons le Rassemblement le 1er novembre, dans le cadre d’une action de solidarité internationale (à Tokyo et à Séoul). La condition fondamentale d’une apparition des travailleurs et travailleuses au premier plan mondial a été largement créée aujourd’hui. Nous lançons un nouvel appel. Un syndicalisme militant est nécessaire de toute urgence aujourd’hui. Redynamisons ensemble le mouvement syndical. […]