Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


mardi, 24 novembre 2020

 
 

 

Rencontre internationale Amazon

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Une cinquantaine de travailleurs et travailleuses d’Amazon se sont rencontré·es, par visioconférence pour la majorité, du fait des restrictions nécessaires de déplacement en période d’épidémie. Ils et elles représentaient les entrepôts d’Amazon de France, Italie, Espagne, Allemagne, Pologne, des Etats-Unis et du Canada. Les témoignages sont unanimes : Amazon, dont le chiffre d’affaire est astronomique, met une pression maximale sur les salarié·es, n’hésitant pas à se mettre en défaut vis à vis des législations du travail internationales et de certains pays. Salaires, conditions de travail exécrables, management très agressif et inhumain, négligence coupable de la multinationale vis à vis de ses obligations en matière de santé et de sécurité, surtout en période de pandémie : rien n’est épargné aux salarié·es !

Durant la rencontre, les participant·es sont revenu·es sur la mobilisation et l’action en justice en France, la condamnation d’Amazon par les tribunaux, et la fermeture de tous les entrepôts qui s’en est suivie, Amazon ayant été contrainte de payer leurs salaires au salarié·es pendant la période de fermeture de cinq semaines. La lutte a payé ; mais dans d’autre pays, les lanceurs d’alertes dans les entrepôts surpeuplés et exposés à la contamination sans protection suffisante, comme aux Etats-Unis, ont été tout simplement licenciés. Aujourd’hui, les salarié-es des entrepôts français subissent une répression cachée qui vise à la punir implicitement de leurs actions et mobilisations des mois précédents. Le respect des critères de sécurité dans les entrepôts devient un moyen de les surveiller et de les dissuader de recommencer.. à se mobiliser. Même chose en Allemagne, où les règles de sécurité servent aussi à tenter de mettre en défaut les personnels et de prétexte, dans certains cas, à des procédures de licenciement. Ignoble retour du bâton de la part de la multinationale, qui utilise les légitimes revendications des salarié·es contre eux : par exemple, le nécessaire respect des distances de sécurité est difficile à tenir tout le temps, étant donné la nature et le rythme de travail dans les entrepôts et les quotas de productivité imposés aux salarié·es. Amazon guette les faux pas.

Les salaires versés par Amazon restent anémiques et très éloignés des faramineux bénéfices, de dizaines de milliards d’euros qui ont décollés surtout durant la période du confinement dans différents pays. La multinationale multiplie partout les pressions antisyndicales, visant les syndicalistes les plus actifs pour les décourager par tous les moyens, y compris les licenciements.

La rencontre s’est achevée sur les décisions suivantes, outre les campagnes communes discutées :
• Une rencontre est prévue courant janvier-février prochain à Berlin si les conditions le permettent.
• Participation au prochain conférence de Labor Notes en avril à Chicago.
• Rencontre en Italie à l’automne prochain.