Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


lundi, 27 septembre 2021

 
 

 

Sauvons le journaliste marocain Soulaiman Raissouni

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Alors que les medias internationaux jettent une lumière crue sur les ignominies du régime marocain qui se permet de mettre sous surveillance non seulement les militants et militantes qui s’opposent à sa politique, des défenseurs des droits humains, des journalistes, mais aussi des chefs d’Etat, des ministres, des parlementaires, etc. (50 000 personnes au total, au Maroc et à travers le monde), une autre ignominie est en train de se perpétrer, à l’ombre d’une obscure cellule de la prison Oukacha, à Casablanca.

Dans cette cellule, un homme, journaliste de son état, clame depuis des mois son innocence d’un délit d’agression sexuelle qu’il lui a été imputé, alors même qu’aucune plainte n’avait encore été déposée. Cet homme, journaliste, a certes usé d’une plume critique et acérée envers les responsables de son pays, et a hissé le journal dans lequel il écrivait aux premiers rangs des ventes. Il n’a fait qu’exercer son métier de journaliste, activité en principe respectée dans toutes les démocraties. Au Maroc, cela lui a valu d’être poursuivi sous couvert de délit de droit commun et condamné à 5 ans de prison ferme à l’issue d’un procès inéquitable où cet homme, Soulaiman Raissouni, n’a même pas pu être confronté à celui qu’il aurait agressé, ni eu la possibilité d’exposer sa version des faits et ses réponses à l’accusation. Il n’était même pas présent à l’énoncé du verdict.

Soulaiman Raissouni, après 11 mois de détention préventive, a démarré le 8 avril dernier, une grève de la faim illimitée. Le 8 avril : 108 jours de grève de la faim ! Il n’a aujourd’hui plus que la peau sur les os, ne peut plus se déplacer et parle avec un filet de voix. Le tribunal n’a eu aucune considération pour cet accusé qui n’a pas été autorisé à venir assister à son procès en fauteuil roulant, ne pouvant plus marcher, a refusé de convoquer ses témoins et a multiplié les irrégularités tout au long du procès. Le responsable de l’administration pénitentiaire a multiplié les déclarations vengeresses contre cet homme – pour se venger de quoi ? –, continue à refuser son transfert dans un hôpital et l’on ment à sa famille et à ses avocats en leur refusant le droit de visite au prétexte que le prisonnier ne souhaite pas les recevoir.

Cela fait maintenant deux semaines que personne n’a pu le rencontrer, après plus de 100 jours de grève de la faim, et sa femme a même été violentée face à son insistance à voir son mari.

L’inquiétude de ses proches, la nôtre et celle de tous ses amis est immense ainsi que notre indignation face à tant d’inhumanité.

Si Soulaiman Raissouni n’est pas transféré dans les plus brefs délais dans un hôpital pour recevoir les soins que son état critique nécessite et que rien n’est fait pour lui permettre d’arrêter avec dignité cette grève de la faim qui a trop longtemps duré, l’Etat marocain sera tenu pour responsable d’un véritable assassinat qui rappellerait dramatiquement les années de plomb.

Nous, Comité de soutien à Maati Monjib, Omar Radi et Soulaiman Raissouni, assurons les proches de Soulaiman Raissouni, et tout particulièrement sa femme, Khouloud Mokhtari de toute notre solidarité et de notre présence active à leurs côtés pour sauver la vie de Soulaiman et permettre à son fils de quelque mois d’avoir un père.

Nous appelons les autorités marocaines à faire preuve d’une attitude tout simplement humaine en ordonnant l’hospitalisation de Soulaiman Raissouni et opportune en cassant un verdict prononcé après un procès non équitable.

Nous appelons toutes les personnes éprises de droit et de justice à joindre leur voix à la nôtre afin d’empêcher qu’une ignominie de plus ne soit commise par le pouvoir marocain et d’exiger la libération de tous les journalistes et prisonniers d’opinion au Maroc.

Lundi 26 juillet 2021
Comité de soutien à Maati Monjib, Soulaiman Raissouni et Omar Radi

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